Un modèle économique sous contrainte, mais en mutation
Installer une CPTS solide suppose de comprendre les véritables sources de financement existantes et leurs limites. Depuis 2019, les CPTS bénéficient d’un financement par l’Assurance Maladie, cadré par l’Accord Conventionnel Interprofessionnel (ACI), avec des enveloppes qui varient selon la taille de la population couverte et les missions déployées (source : Ameli). À titre d’exemple, sur une base de population de 50 000 habitants, une CPTS peut percevoir entre 190 000 € à 370 000 € par an (selon l’atteinte de critères d’engagement).
Toutefois, ces montants – s’ils permettent de soutenir la coordination et quelques postes clés (coordinateur, secrétariat, animation) – ne couvrent que partiellement l’investissement réel en temps médical, l’ingénierie de projet et le développement d’actions innovantes, en particulier dans les territoires ruraux ou mixtes, typiques du Languedoc-Roussillon. L’absence fréquente de “temps médical rémunéré” reste un frein majeur à l’engagement des médecins libéraux.
La diversité du tissu régional : défis et opportunités
Le Languedoc-Roussillon compte à la fois de grands centres urbains (Montpellier, Nîmes, Perpignan), des bassins périurbains dynamiques et des zones de montagne ou de plaine faiblement peuplées. Cette hétérogénéité se traduit par :
- Un accès aux soins et une démographie médicale très contrastés.
- Des besoins de santé publique différents selon les microrégions : recours aux urgences, taux de pathologies chroniques, accès préventif, précarité.
- Des attentes institutionnelles et de la population évolutives, souvent accentuées ces dernières années (crise Covid-19, désertification médicale, hausse des files actives).
Face à cette diversité, le modèle économique de chaque CPTS doit rester souple, évolutif, et s’adapter à l’écosystème local plutôt que dupliquer des schémas importés.